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"Adresse à la société civique" : déclaration finale de l'Université Utopia

Déclaration finale adoptée par les participants et les organisations présentes le dimanche 20 octobre à l'issue des travaux de l'Université Utopia 2024 qui s'est déroulée à Sète du 17 au 20 octobre
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Vers une adresse à une société civique en mouvement : donnons-nous du pouvoir !
Depuis notre Université de 2022, nous avons initié une démarche de confluences entre de nombreuses initiatives et permis, à Sète, la rencontre de nombreux acteurs et actrices de la « société civique », cette part de la société civile résolument émancipée et transformatrice, concernée par les enjeux politiques, sociaux et écologiques et par un autre rapport au pouvoir : le pouvoir de création démultipliée par la coopération et non le pouvoir de domination, de conquête ou d’étroits conservatismes.
En 2023, le "Pacte de Sète" a fixé des objectifs que nous avons en partie pu atteindre en 2024. Le 27 janvier dernier, en invitant de nombreux réseaux, nous avons tissé un premier fil qui s’est décliné lors de grands rassemblements comme autant d’espace-temps utiles pour travailler nos relations, nos alliances et des stratégies. De mars à mai 2024, autour du CTC (Collectif pour la Transition Citoyenne) le 14 mars, des rencontres de Villarceaux du 21 au 23 mai, des rencontres de Guise les 1er et 2 juin, ces confluences ont préparé des terrains de luttes où la société civique exprime une ambition de contribuer à transformer la société en gagnant en autonomie, en respect de sa place et de son rôle.
Les récentes élections législatives ont permis d’accélérer cette prise de conscience. A partir de ce terreau fertile, marqué par la peur et l’émotion de voir le RN accéder au pouvoir, cette société civique a contribué à la victoire relative du NFP et particulièrement à sa dynamique de campagne, articulant porte à porte et réseaux sociaux. Nous avons pu embarquer comme jamais une multitude de personnes, engagées souvent pour la première fois dans une campagne électorale.
Or les deux formes politiques qui ont permis la résistance à l'arrivée du RN, le front républicain, en crise profonde, et le nouveau front populaire, en difficulté du fait d’un manque de gouvernance partagée et transparente, ont pour effet de bloquer la dynamique de rapprochement entre la société civique et les acteurs politiques se réclamant de ses valeurs.
Si une relance n'intervient pas sous une forme ou sous une autre dans les semaines et les mois à venir le risque est immense de voir le sursaut du 7 juillet se transformer en simple sursis conduisant à la victoire du RN et de ses alliés de la droite dure en 2027.
Les organisations présentes à Sète souhaitent contribuer à une nouvelle volonté transformatrice autour du trépied justice sociale / exigence écologique / mutation démocratique. Celui-ci constitue la "base civique" non seulement du Nouveau Front Populaire mais aussi du Front républicain au second tour.
La "coalition 24" qui rassemble l'essentiel de la société civile organisée et transformatrice, que nous appelons la « société civique », en constitue le coeur. C'est beaucoup la mobilisation de ces acteurs ainsi que celle de réseaux comme les "Victoires populaires" qui a permis de barrer la route au RN lors du 2ème tour des législatives.
Il y a là une expression, en creux, de "l'alliance humaniste des forces de vie" dont Claude Alphandery évoquait la nécessité avant sa mort.
Pour autant la peur historique de ces forces d'être instrumentée par des partis ou des personnalités politiques a bloqué en France depuis longtemps la possibilité de constitution de cet espace. La crainte de l'arrivée au pouvoir du RN peut changer cette situation mais à condition que des garanties très fortes soient données aux acteurs de la société civique par rapport à ce risque.
L’axe de fond qui pourrait permettre à cette alliance de se constituer explicitement et non implicitement comme aujourd'hui est celle de l'alternative au "brutalisme" qui réunit à la fois les enjeux internationaux, nationaux et locaux et les différentes faces d'une alternative aux brutalités écologiques, sociales, démocratiques et de genre.
Nous restons mobilisés chaque jour face à la brutalité, souvent masquée, mais réelle de l'extrême droite. Nous restons vigilants à ne pas entretenir cette violence par un brutalisme comportemental dans le champ politique. Si nous considérons qu’il peut exister plusieurs stratégies qu’il faut savoir articuler, nous refusons les postures autoritaires qui entretiennent à gauche des fractures que beaucoup de nos adversaires souhaiteraient irréconciliables.
Cette année, à la sortie de cette Université, notre constat partagé est sans appel : la situation est d'une urgence absolue et la réponse politique ne répond pas à la hauteur de ces enjeux.
Nous avons reçu Lucie Castets, Clémentine Autain, Eric Piolle et Alain Colombel qui ont clairement appelé la société civique à s’organiser pour ne pas laisser s’épuiser et mourir les dernières énergies du Nouveau Front Populaire. De nombreux responsables politiques, coincés dans des logiques d’appareil et de calendrier électoral interne, sont en attente de nouvelles formes démocratiques pour être, à la fois, plus efficaces et plus délibératifs.
Les travaux de cette Université ont mis en évidence le potentiel de la société civique à apporter tant au niveau national qu'à celui des territoires des réponses sur de nombreux fronts (la sécurité sociale de l’alimentation, le financement de la société civique, l’énergie comme communs par la gestion citoyenne, etc). Nous avons pu consolider nos relations avec le Collectif de la Transition Citoyenne (CTC), le Réseau des Cafés Culturel et Cantines Associatifs (RECCA) ou le Collectif des associations citoyennes (CAC) qui jouent un rôle important de tisserands. Nous avons partagé nos retours d’expériences de la Primaire Populaire, du Labo des Partis avec Mathilde Imer mais aussi des actions des Victoires populaires ou de la Réserve citoyenne à Marseille lors des dernières législatives.
Les enjeux tant nationaux que globaux ont été abordés avec des expertises et des retours d’expériences (effondrement de la biodiversité, citoyenneté au travail, décroissance, intelligence artificielle, pédagogie active à l’école, intersectionnalité des luttes, éducation populaire et la finalisation de l’écriture collective du livre d’Utopia sur la culture de la paix).
Enfin, le contexte politique français a marqué cette université, c’est pourquoi notre fil rouge autour des conditions d’organisation d’une société civique, au cœur d’une démocratie continue a permis de tisser un lien entre toutes nos séquences.
Ainsi Les échanges en atelier comme les rencontres informelles se sont attachés à imaginer des pistes opérationnelles tant notre rapport au temps est devenu central : il nous faut savoir réagir et s’organiser avec efficacité, la culture activiste étant une ressource majeurr, et il nous faut savoir agir dans un processus est le chemin permettant d’avancer dans une perspective de moyen et long terme. C’est une caractéristique de notre stratégie « en tension et en rythme ».
Nous avons pu démontrer aussi la multitude d’actions de transformation de nos territoires, déjà là, souvent initiées dans une démarche instituante et autonome, mais quelquefois, articulées avec intelligence, avec les institutions locales et des élus particulièrement dans le monde rural.
Mais cela ne suffit pas. Il est donc essentiel de réanimer cette alliance large et donc pluraliste et de transformer ses différences en atouts alors qu'ils constituent aujourd'hui des faiblesses.
La démonstration d'un espace où les désaccords peuvent être traités de manière apaisée et féconde serait une grande source d'espérance dans un pays qui craint en son sein des fractures irrémédiables.
Pour cela nous proposons que les organisations de la société civique qui se sentent concernées par cette nouvelle étape se réunissent sans tarder pour :
Pour tout cela, nous devons très vite prendre date pour travailler de manière opérationnelle avec des propositions concrètes, le premier enjeu étant de mobiliser nos ressources humaines et financières car nous le savons tous, ces enjeux sont essentiels.
Ensemble, donnons-nous du pouvoir !
En 2023, le "Pacte de Sète" a fixé des objectifs que nous avons en partie pu atteindre en 2024. Le 27 janvier dernier, en invitant de nombreux réseaux, nous avons tissé un premier fil qui s’est décliné lors de grands rassemblements comme autant d’espace-temps utiles pour travailler nos relations, nos alliances et des stratégies. De mars à mai 2024, autour du CTC (Collectif pour la Transition Citoyenne) le 14 mars, des rencontres de Villarceaux du 21 au 23 mai, des rencontres de Guise les 1er et 2 juin, ces confluences ont préparé des terrains de luttes où la société civique exprime une ambition de contribuer à transformer la société en gagnant en autonomie, en respect de sa place et de son rôle.
Les récentes élections législatives ont permis d’accélérer cette prise de conscience. A partir de ce terreau fertile, marqué par la peur et l’émotion de voir le RN accéder au pouvoir, cette société civique a contribué à la victoire relative du NFP et particulièrement à sa dynamique de campagne, articulant porte à porte et réseaux sociaux. Nous avons pu embarquer comme jamais une multitude de personnes, engagées souvent pour la première fois dans une campagne électorale.
Or les deux formes politiques qui ont permis la résistance à l'arrivée du RN, le front républicain, en crise profonde, et le nouveau front populaire, en difficulté du fait d’un manque de gouvernance partagée et transparente, ont pour effet de bloquer la dynamique de rapprochement entre la société civique et les acteurs politiques se réclamant de ses valeurs.
Si une relance n'intervient pas sous une forme ou sous une autre dans les semaines et les mois à venir le risque est immense de voir le sursaut du 7 juillet se transformer en simple sursis conduisant à la victoire du RN et de ses alliés de la droite dure en 2027.
Les organisations présentes à Sète souhaitent contribuer à une nouvelle volonté transformatrice autour du trépied justice sociale / exigence écologique / mutation démocratique. Celui-ci constitue la "base civique" non seulement du Nouveau Front Populaire mais aussi du Front républicain au second tour.
La "coalition 24" qui rassemble l'essentiel de la société civile organisée et transformatrice, que nous appelons la « société civique », en constitue le coeur. C'est beaucoup la mobilisation de ces acteurs ainsi que celle de réseaux comme les "Victoires populaires" qui a permis de barrer la route au RN lors du 2ème tour des législatives.
Il y a là une expression, en creux, de "l'alliance humaniste des forces de vie" dont Claude Alphandery évoquait la nécessité avant sa mort.
Pour autant la peur historique de ces forces d'être instrumentée par des partis ou des personnalités politiques a bloqué en France depuis longtemps la possibilité de constitution de cet espace. La crainte de l'arrivée au pouvoir du RN peut changer cette situation mais à condition que des garanties très fortes soient données aux acteurs de la société civique par rapport à ce risque.
L’axe de fond qui pourrait permettre à cette alliance de se constituer explicitement et non implicitement comme aujourd'hui est celle de l'alternative au "brutalisme" qui réunit à la fois les enjeux internationaux, nationaux et locaux et les différentes faces d'une alternative aux brutalités écologiques, sociales, démocratiques et de genre.
Nous restons mobilisés chaque jour face à la brutalité, souvent masquée, mais réelle de l'extrême droite. Nous restons vigilants à ne pas entretenir cette violence par un brutalisme comportemental dans le champ politique. Si nous considérons qu’il peut exister plusieurs stratégies qu’il faut savoir articuler, nous refusons les postures autoritaires qui entretiennent à gauche des fractures que beaucoup de nos adversaires souhaiteraient irréconciliables.
Cette année, à la sortie de cette Université, notre constat partagé est sans appel : la situation est d'une urgence absolue et la réponse politique ne répond pas à la hauteur de ces enjeux.
Nous avons reçu Lucie Castets, Clémentine Autain, Eric Piolle et Alain Colombel qui ont clairement appelé la société civique à s’organiser pour ne pas laisser s’épuiser et mourir les dernières énergies du Nouveau Front Populaire. De nombreux responsables politiques, coincés dans des logiques d’appareil et de calendrier électoral interne, sont en attente de nouvelles formes démocratiques pour être, à la fois, plus efficaces et plus délibératifs.
Les travaux de cette Université ont mis en évidence le potentiel de la société civique à apporter tant au niveau national qu'à celui des territoires des réponses sur de nombreux fronts (la sécurité sociale de l’alimentation, le financement de la société civique, l’énergie comme communs par la gestion citoyenne, etc). Nous avons pu consolider nos relations avec le Collectif de la Transition Citoyenne (CTC), le Réseau des Cafés Culturel et Cantines Associatifs (RECCA) ou le Collectif des associations citoyennes (CAC) qui jouent un rôle important de tisserands. Nous avons partagé nos retours d’expériences de la Primaire Populaire, du Labo des Partis avec Mathilde Imer mais aussi des actions des Victoires populaires ou de la Réserve citoyenne à Marseille lors des dernières législatives.
Les enjeux tant nationaux que globaux ont été abordés avec des expertises et des retours d’expériences (effondrement de la biodiversité, citoyenneté au travail, décroissance, intelligence artificielle, pédagogie active à l’école, intersectionnalité des luttes, éducation populaire et la finalisation de l’écriture collective du livre d’Utopia sur la culture de la paix).
Enfin, le contexte politique français a marqué cette université, c’est pourquoi notre fil rouge autour des conditions d’organisation d’une société civique, au cœur d’une démocratie continue a permis de tisser un lien entre toutes nos séquences.
Ainsi Les échanges en atelier comme les rencontres informelles se sont attachés à imaginer des pistes opérationnelles tant notre rapport au temps est devenu central : il nous faut savoir réagir et s’organiser avec efficacité, la culture activiste étant une ressource majeurr, et il nous faut savoir agir dans un processus est le chemin permettant d’avancer dans une perspective de moyen et long terme. C’est une caractéristique de notre stratégie « en tension et en rythme ».
Nous avons pu démontrer aussi la multitude d’actions de transformation de nos territoires, déjà là, souvent initiées dans une démarche instituante et autonome, mais quelquefois, articulées avec intelligence, avec les institutions locales et des élus particulièrement dans le monde rural.
Mais cela ne suffit pas. Il est donc essentiel de réanimer cette alliance large et donc pluraliste et de transformer ses différences en atouts alors qu'ils constituent aujourd'hui des faiblesses.
La démonstration d'un espace où les désaccords peuvent être traités de manière apaisée et féconde serait une grande source d'espérance dans un pays qui craint en son sein des fractures irrémédiables.
Pour cela nous proposons que les organisations de la société civique qui se sentent concernées par cette nouvelle étape se réunissent sans tarder pour :
- Poursuivre le travail d’un agenda opérationnel au sein de la société civique. Il nous permettra de repérer les « rendez-vous » comme autant de rebonds pour consolider nos liens et renforcer notre capacité d’aller plus loin dans la mobilisation de ces millions de personnes qui ont espéré dans le Nouveau Front Populaire. C’est pourquoi les prochains rendez-vous du Pacte de Pouvoir de Vivre, le 7 novembre et le Collectif de la Transition citoyenne le 5 décembre comme l’appel pour des Etats Généraux sont importants, tout comme l’Assemblée des Alliés de la Fabrique des Transitions du 11 et 12 décembre.
- Penser l’articulation avec l’agenda politique. La date des élections municipales est notamment un rendez-vous important pour ancrer une stratégie partagée entre des mouvements de la société civique dépassant leur plaidoyer et mouvements politiques dépassant leur posture d’un pouvoir dominant et compétitif. En ce sens, la proposition d’une coopération avec l’association des Maires ruraux est un premier pas essentiel.
- Continuer sur les retours d’expériences, notre cartographie d’acteurs et notre travail sur les points aveugles et controversés afin de nourrir notre capacité de délibérer et de s’orienter.
- Analyser et choisir les formes d'organisations qui permettent un saut dans la coopération et la mutualisation des actions, la consolidation des ressources propres ainsi qu'une influence réelle dans d'éventuels partenariats politiques. Le projet d’une coopérative s’inscrit dans cette réflexion. Tisser des liens est un préalable pour construire de la confiance, pour catalyser et faire levier nous devons imaginer une forme qui nous dépasse tous et qui respecte les "identités racines" de chacun.
- S'engager, dans cette perspective, à travailler à la mutualisation de nos moyens et de nos actions entre nos organisations, moyens financiers et humains notamment, à l’échelle nationale mais aussi au niveau local, autour des lieux de la transition que le Collectif de la Transition Citoyenne souhaite développer. A partir de là, des actions communes sont à renforcer : des publications avec les éditons Utopia, des coformations avec des acteurs de l’éducation populaires et des formations plus opérationnelles pour organiser des campagnes en « community organising » ou en périodes électorales. Le lien avec le réseau des Victoires Populaires dont la Réserve citoyenne à Marseille est à consolider. Il y a en effet un enjeu inter-générationnel comme inter-culturel sur nos façons d’aborder nos postures d’engagement et nos campagnes.
- L’action collective étant la seule façon de sortir de l’éco-anxiété et de notre propre impuissance, nous nous engageons à initier et vivre en lien avec les grandes coalitions de la société civique des campagnes de mobilisation, par exemple autour d’un audit citoyen sur les 3 dettes : sociale, écologique et financière en interpellant les commissions de l’Assemblée nationale afin que leurs données publiques soient libérées et délibérées dans l’espace public.
Pour tout cela, nous devons très vite prendre date pour travailler de manière opérationnelle avec des propositions concrètes, le premier enjeu étant de mobiliser nos ressources humaines et financières car nous le savons tous, ces enjeux sont essentiels.
Ensemble, donnons-nous du pouvoir !
Sète, le dimanche 20 octobre 2024
Le Mouvement Utopia, le Mouvement des Convivialistes, l’Archipel de l’Écologie et des Solidarités, l’Archipel Citoyen “Osons les Jours Heureux” rassemblés au sein de l’Archipel des Confluences
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